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Des neurones produits à partir de la peau : Une avancée au potentiel révolutionnaire dans le traitement des maladies neurodégénératives

Québec, le 21 février 2007. – Une équipe de la Faculté de médecine de l’Université Laval est parvenue à produire in vitro des neurones à partir de cellules souches provenant de la peau de sujets humains. C’est la première fois qu’une différenciation aussi poussée de cellules nerveuses est ainsi obtenue à partir de tissu cutané humain, précise le responsable de l’étude, François Berthod. Cette avancée pourrait à terme avoir des retombées révolutionnaires dans le traitement des maladies neurodégénératives telle la maladie de Parkinson. Le professeur Berthod, Marie Gingras et Marie-France Champigny décrivent la méthode utilisée pour obtenir ces neurones dans un récent numéro du Journal of Cellular Physiology.  

François Berthod et son équipe, membres du Laboratoire d’organogenèse expérimentale (LOEX), ont utilisé de la peau humaine adulte obtenue après des interventions de chirurgie esthétique. Ils ont soumis ce tissu cutané à différents traitements pour en libérer les cellules précurseurs de neurones et ils les ont ensuite cultivées in vitro. Il est à noter que la peau ne contient pas de neurones entiers, qui sont abrités dans la moelle épinière, mais uniquement leurs prolongements (axones). Le défi consistait donc à produire des neurones à partir de cellules indifférenciées et non à multiplier des neurones déjà présents dans la peau. 

Les tests ont démontré que les cellules souches de la peau peuvent se multiplier et se différencier in vitro lorsqu’elles sont placées dans un milieu approprié. Extérieurement, elles prennent progressivement la forme allongée typique des neurones. Sur le plan biochimique, les chercheurs ont découvert que, dans les jours qui suivent leur mise en culture, ces cellules produisent des marqueurs et des molécules associés aux structures intervenant dans le passage de l’influx nerveux entre les neurones. « Ceci suggère un début de formation de synapse entre les neurones », précise François Berthod.  

À court terme, cette percée pourrait avoir des retombées dans le domaine de la recherche en neurosciences. « La production de neurones à partir de cellules de la peau pourrait résoudre le problème de disponibilité de neurones humains pour la recherche. Présentement, comme les neurones ne se multiplient pas, les chercheurs font leurs travaux sur des neurones provenant d’animaux de laboratoire », explique le professeur Berthod. 

À plus long terme, la possibilité de produire des neurones à partir de cellules de la peau laisse entrevoir des applications thérapeutiques révolutionnaires. « L’idée serait de prélever des cellules de la peau d’un malade et de les utiliser pour produire des neurones parfaitement compatibles, éliminant ainsi les risques de rejet, précise le chercheur. On pourrait ensuite procéder à une greffe dans les régions malades du cerveau. Ce genre d’interventions est surtout envisageable pour des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, mais c’est encore théorique pour l’instant. Avant d’en arriver là, il faudra réussir à pousser plus loin la différenciation des neurones et démontrer qu’ils sont capables de transmettre l’influx nerveux », conclut-il.


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Photo du développement in vitro des neurones disponible sur demande
 

Renseignements :
François Berthod
Laboratoire d’organogénèse expérimentale (LOEX)
Faculté de médecine
Université Laval
Tél. : (418) 682-7565
Courriel : francois.berthod@chg.ulaval.ca
 
Source :
Jean-François Huppé
Relations avec les médias
Université Laval
Tél : (418) 656-7785
Courriel : jean-francois.huppe@dap.ulaval.ca

 

 

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