Salle de presse

L’ajout d’acide folique dans les farines contribue grandement à réduire les malformations congénitales

Québec, le 12 juillet 2007 – Le Dr Philippe De Wals, du Département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval, publie aujourd’hui les résultats d’une étude qui montre clairement que l’ajout d’acide folique dans les farines au Canada a permis de réduire de 46 % l’incidence des malformations congénitales du tube neural, principalement l’enencéphalie et le spina-bifida. Ces malformations entraînent soit la mort de l’enfant, soit des problèmes de santé majeurs incluant des handicaps physiques et intellectuels. Les travaux du professeur De Wals, à la tête d’une équipe d’une douzaine de chercheurs canadiens, paraissent aujourd’hui dans le New England Journal of Medecine.

Le tube neural est l’ébauche du système nerveux chez l’embryon. Son mauvais développement, parfois attribuable à une carence en acide folique, entraîne des problèmes de santé majeurs. L'acide folique provient des légumes verts, des fruits, des grains entiers et de la viande. Toutefois, un régime alimentaire équilibré ne procure pas suffisamment d'acide folique pour répondre aux besoins d'une femme enceinte et de l'enfant qu'elle porte. Avant 1998, les autorités médicales canadiennes recommandaient déjà aux femmes en âge d'avoir des enfants de consommer des suppléments vitaminiques contenant de l'acide folique. « Si le Canada a décidé d'ajouter de l'acide folique à la farine produite au pays, c'est que la formation du tube neural de l'embryon est particulièrement intense dans les quatre premières semaines de grossesse, soit bien souvent avant que les femmes ne sachent qu'elles portent un enfant. Comme la moitié des grossesses canadiennes sont non planifiées et que l'organisme ne stocke pas l'acide folique, il était plus prudent d'intégrer l'acide folique à la chaîne alimentaire plutôt que de miser uniquement sur la prise de suppléments vitaminiques », estime le professeur De Wals. Santé Canada recommande toujours aux femmes susceptibles de devenir enceinte de prendre des suppléments d’acide folique.

Les chercheurs Philippe De Wals et Fassiatou Tairou, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, ont comparé l'incidence des malformations du tube neural avant et après l'entrée en vigueur de la mesure d'enrichissement de la farine sur plus de 2 millions de naissances au Canada. Entre 1993 et 1997, cette incidence atteignait 1,58 cas par 1000 naissances. Pour la période 2000 à 2002, elle se situait à 0,86, soit une baisse de 46 %. Les améliorations les plus importantes sont survenues dans les régions du Canada qui affichaient les taux les plus élevés de malformations du tube neural avant 1998, soit Terre-Neuve, l’Ile-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse. Au Québec, la diminution est également marquée et proche de la moyenne canadienne.

Pour l'instant, seuls le Canada, les États-Unis et le Chili réglementent l'ajout d'acide folique dans la farine. L'efficacité de cette pratique, démontrée par l'équipe du professeur De Wals, pourrait cependant inciter d'autres pays à emboîter le pas. Chaque année, environ 200 000 cas de spina-bifida et d'anencéphalie surviennent à travers le monde. L'addition d'acide folique aux aliments permettrait de prévenir près de la moitié de ce fardeau.

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Source :
Martin Guay
Relations avec les médias
Université Laval
Tél. : (418) 656-3952

Renseignements :
Dr Philippe de Wals
Département de médecine sociale et préventive
Faculté de médecine
Université Laval
418-654-2131, p. 7374
819-565-4018

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