Québec, le 9 mai 2007 – Une équipe de chercheurs dirigée par Carole Thivierge, de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval, a démontré que la consommation d’oméga-3 d’origine marine a un effet positif sur le métabolisme des protéines musculaires. Cette découverte, publiée dans un récent numéro du Journal of Physiology, pourrait avoir d’importantes répercussions dans le domaine de l’élevage animal de même qu’en santé humaine.
Chez les mammifères, la capacité d’utiliser les nutriments provenant de l’alimentation pour les convertir en protéines musculaires diminue avec l’âge. La cause exacte du phénomène n’est pas parfaitement connue, mais la résistance à l’insuline des cellules musculaires vieillissantes est l’une des causes avancées.
Puisque les oméga-3 marins ont un effet positif sur le métabolisme du glucose chez les gens et les animaux qui montrent une résistance à l’insuline, les chercheurs ont voulu savoir si ces mêmes oméga-3 pouvaient également influencer le métabolisme des protéines.
Pour y parvenir, ils ont ajouté un supplément contenant soit de l’huile de poisson riche en oméga -3, soit un mélange d’huile de graines de coton et d’huile d’olive dépourvu d’oméga-3 à l’alimentation normale de bovins. Après cinq semaines, les animaux qui recevaient les oméga-3 d’huile de poisson montraient une sensibilité accrue à l’insuline, ce qui s’est répercuté sur le métabolisme des protéines : deux fois plus d’acides aminés étaient sollicités par leur organisme pour synthétiser des protéines, tout particulièrement dans les muscles. Il semble que les oméga-3 ajoutés à leur ration aient remplacé d’autres acides gras présents dans les cellules musculaires et en aient amélioré le fonctionnement.
Cette découverte pourrait avoir des répercussions importantes en production animale, avance Carole Thivierge, également professeure au Département des sciences animales de l’Université Laval, qui explique avoir entrepris cette étude pour trouver une alternative à la stimulation hormonale de la croissance chez le bétail.
À partir de l’âge de 4 à 6 mois, les veaux deviennent moins efficaces pour convertir la nourriture en masse musculaire, ce qui a une incidence sur la rentabilité des élevages. « L’ajout d’huiles de poisson à leur ration pourrait prévenir ce déclin en restaurant la sensibilité à l’insuline que ces animaux perdent en vieillissant », suggère la chercheure. « De plus, cela pourrait contribuer à réduire la quantité de rejets dans l’environnement puisque les animaux à qui nous avons donné des oméga-3 marins mangent spontanément 10 % moins de nourriture pour atteindre un même gain de poids », souligne-t-elle.
La restauration de la sensibilité à l’insuline par les oméga-3 marins pourrait aussi prévenir la perte de masse musculaire chez les personnes âgées et, du même coup, les problèmes de santé qui accompagne ce phénomène, croit Carole Thivierge.
Par ailleurs, la chercheure estime que ces acides gras pourraient aussi faciliter la tâche aux athlètes qui s’entraînent en vue d’accroître leur masse musculaire. « Il ne s’agit toutefois pas d’un produit miracle », prévient Carole Thivierge. « Il faut que les muscles soient sollicités par des exercices pour qu’il y ait une réponse du côté de la synthèse des protéines chez les gens de moins de 50 ans », précise-t-elle.
Outre Carole Thivierge, l’article publié dans le Journal of Physiology est signé par Andrée-Anne Gingras, Phillip James White, Yvan Chouinard, Luce Dombrowski, Alexandre Myre, Karen Bergeron et André Marette, de l’INAF; Pierre Julien, du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université Laval; Yvon Couture et Pascal Dubreuil, de l’Université de Montréal; et Teresa Davis, du Baylor College of Medicine de Houston.
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Renseignements :
Carole Thivierge
Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF)
Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation
Université Laval
Tél. : 011 44 1224 713970
C.Thivierge@rri.sari.ac.uk
Important : Carole Thivierge est présentement au Royaume-Uni. Pour une personne ressource au Québec, prière de contacter :
Dr. Pierre Julien
Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université Laval
Tél. : (418) 656-4141, poste 47802
Pierre.Julien@crchul.ulaval.ca
Source :
Jean-François Huppé
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