Québec, le 24 octobre 2007. – Le professeur Gilles Gauthier, du Centre d’études nordiques, a reçu près de 2,8 M $ pour mettre sur pied le projet ArticWOLVES dans le cadre de l’Année polaire internationale. Le projet de recherche, qui regroupe une quarantaine de chercheurs de neuf pays, vise à mieux comprendre les impacts des changements climatiques sur les insectes, les oiseaux et les mammifères des écosystèmes polaires.
Le Centre d’études nordiques (CEN) est le plus ancien centre de recherche de l’Université Laval, sa fondation remonte aux années 60. Gilles Gauthier et Dominique Berteaux, de l’UQAR, tous deux associés au CEN, ont créé le projet ArcticWOLVES (Wildlife Observtories Linking Vulnerable EcoSystems) afin de mieux comprendre comment les changements climatiques vont affecter l’interaction entre les espèces – plantes, herbivores, prédateurs – dans la toundra. Les scientifiques savent que la hausse des températures moyennes et le recul des glaciers dans l’Arctique auront des impacts majeurs sur les écosystèmes parce qu’ils viendront modifier la distribution et l’abondance des espèces. « Il est urgent de documenter les effets directs et indirects des changements climatiques sur la biodiversité des animaux de la toundra et de prédire, grâce à des suivis de terrain et à la modélisation, les impacts futurs de ces changements sur les espèces », de préciser Gilles Gauthier.
Le programme ArcticWOLVES est considéré comme un projet majeur de l’Année polaire internationale, autant au Canada qu’à l’échelle mondiale. Le projet permettra d’établir un réseau circumpolaire d’observatoires de la faune afin de déterminer l’état actuel des réseaux trophiques (interactions entre les espèces) de l’Arctique et cela, à une grande échelle géographique. Pour le vice-recteur à la recherche et à la création de l’Université Laval, Edwin Bourget, « la collaboration entre les autorités canadiennes et internationales de l’Année polaire, celle des parcs territoriaux et nationaux du Nunavut, du Yukon et du Manitoba, jumelées à l’expertise des chercheurs du Centre d’études nordiques assurent le succès de cet emballant projet de recherche ».
Pour illustrer la démarche du projet, le professeur Gauthier a donné l’exemple du lemming, ce petit rongeur qui constitue le menu de base de tous les prédateurs de la toundra. « On sait que la couverture de neige et l’isolation thermique qu’elle procure sont très importantes pour les populations de lemmings. Il y a tout lieu de croire que des automnes plus longs combinés à une alternance gel /dégel pourraient avoir des répercussions néfastes sur le cycle d’abondance des lemmings, voire mettre en péril ces populations de rongeur. Une baisse importante des lemmings pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur les populations de prédateurs comme le renard arctique ou le harfang ». Les chercheurs d’ArcticWOLVES sont particulièrement inquiets pour le renard arctique. Son territoire est graduellement envahi par le renard roux en raison du réchauffement climatique. Plus gros et plus agressif, celui-ci fait une compétition féroce à son cousin de l’Arctique. Le renard arctique est déjà presque disparu de la Scandinavie, si ça devait arriver dans la toundra canadienne, ce serait une perte importante pour la biodiversité.
Un autre impact de la perte éventuelle de biodiversité touche les populations humaines de la toundra. Les Inuits et les autres communautés indigènes du Grand Nord dépendent de ces espèces pour leur subsistance. Les recherches du projet ArcticWOLVES sont donc aussi reliées au bien-être des communautés nordiques.
L’annonce du projet de Gilles Gauthier a eu lieu à l’occasion d’une importante rencontre des chercheurs de l’Université Laval et des autres universités canadiennes intéressées par la problématique de l’API avec quelques-uns des dirigeants du Bureau international de l’API ainsi que les autorités canadiennes en la matière. Le projet ArcticWOLVES – volet canadien – est financé par le bureau canadien de l’API (ministère des Affaires indiennes et du Nord) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. L’Agence Parcs Canada contribue aussi au succès du projet.
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Assistez à la la conférence de presse de cette annonce en direct sur le Web dès 16 h 30 mercredi 24 octobre
Photos disponibles sur demande
Renseignements :
Gilles Gauthier
Professeur, Département de biologie
Faculté des sciences et de génie
Centre d’études nordiques
Université Laval
418-656-5507
Source :
Martin Guay
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Université Laval
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